Boussole de la compétitivité : La Commission esquisse une remise en question… sans rompre avec ses travers
Mercredi 29 janvier 2025, la Commission européenne a présenté sa Boussole de la compétitivité, un document censé relancer l’économie européenne. Mais au lieu d’un examen critique de ses propres choix, elle rejette la responsabilité sur les États membres,accusés d’entraver les entreprises. Un raccourci commode qui pose une question centrale : cet outil de coordination servira-t-il réellement la compétitivité, ou renforcera-t-il la mainmise technocratique de Bruxelles ?
La simplification administrative annoncée risque de rester un simple affichage. Réduire de 25 % les obligations de déclaration ne suffit pas si les textes qui entravent l’activité ne sont pas revus en profondeur. La réouverture de la directive CSRD, de celle sur la diligence raisonnable et du règlement taxonomie semble n’aboutir qu’à l’élimination de doublons, sans s’attaquer au problème fondamental de la sur-réglementation. Sur l’énergie, même logique : le cap est maintenu sans tenir compte des réalités économiques. Tant que les coûts prohibitifs et le poids réglementaire ne seront pas corrigés, il est illusoire de croire que le «Pacte pour une industrie propre» ou le «Plan d’action pour une énergie abordable» suffiront à stopper la désindustrialisation.
Nous exigerons des actes, pas des ajustements cosmétiques. Si cette Boussole doit guider l’Europe, alors elle doit tracer une voie claire vers une économie compétitive, libérée des entraves bureaucratiques et des dogmes décroissants.