Restauration et sécurisation des églises : un financement insuffisant qui fragilise notre patrimoine

Les 15 et 16 avril 2019, Notre-Dame de Paris subissait un grave incendie. Une catastrophe retentissante qui rappela néanmoins aux Français la fragilité de leur patrimoine historique et religieux. Cette fragilité s’aggrave d’ailleurs chaque année. Selon l’observatoire du patrimoine religieux, les incendies d’églises sont en hausse : 27 incendies durant l’année 2023 et déjà 13 incendies le premier semestre 2024.
Une majorité de ces incendies est accidentelle, notamment lors des rénovations. Une autre partie est néanmoins d’origine criminelle, comme ce fut le cas de l’église de l’Immaculée Conception à Saint-Omer, dans la nuit du 1er au 2 septembre 2024. Quelles que soient leurs causes, la fréquence des sinistres augmente en raison de la vétusté des systèmes électriques et des carences en équipements de vidéosurveillance, de détection des intrusions, de détection des incendies et d’extinction. Investir pour sécuriser les églises est donc la priorité, mais il faut aussi secourir les communes en matière de financement.
Premières engagées dans la défense de notre patrimoine, elles n’ont pas la surface financière pour faire face à ce défi. De nombreuses dépenses doivent être prises en charge à une échelle supérieure. Par exemple, lorsque de petites communes doivent payer les primes d’assurance de certaines églises ou abbayes, d’une valeur inestimable, elles peuvent être dans l’impossibilité d’assumer ces grosses dépenses, à tel point que ces édifices ne sont parfois plus assurés.
Il est donc urgent de revoir la répartition des dépenses entre les communes et les collectivités plus grandes, à commencer par l’État et sans oublier l’Union européenne dont nous sommes contributeurs nets. Rappelons aussi que les églises, au-delà de leur intérêt cultuel, esthétique, historique et patrimonial, présentent aussi un enjeu touristique : nos monuments historiques participent aux 63 milliards d’euros de retombées économiques engendrées par le tourisme.
Enfin, appuyer financièrement les communes, en particulier les communes rurales, c’est soutenir une filière de restauration du patrimoine, locale et non délocalisable qui représente environ 500 000 emplois directs et indirects dont 35 000 métiers d’art. En faveur de nos communes et de notre patrimoine, nous agissons auprès de la Commission européenne en lui proposant des solutions concrètes sur les primes d’assurances, la vétusté des systèmes électriques, les équipements de détection et d’extinction des incendies, les rénovations énergétiques, pour prévenir notamment les dégradations liées à l’humidité, ou encore sur la fiscalité et le financement des restaurations.